Émotions fortes et comportements difficiles de 0 à 3 ans

Morsures, coups, griffures, cris : comprendre, prévenir et adopter une posture professionnelle adaptée

Objectifs de la formation

À l’issue de la formation, les participants seront en mesure de :
  • Comprendre le développement émotionnel du jeune enfant de 0 à 3 ans.
  • Identifier le rôle et la fonction des principales émotions.
  • Comprendre les liens entre maturation cérébrale, impulsivité et régulation émotionnelle.
  • Différencier émotion, comportement, impulsivité et agressivité.
  • Identifier les besoins pouvant se cacher derrière certains comportements.
  • Observer les situations afin d’en repérer les facteurs déclencheurs.
  • Comprendre les comportements tels que morsures, coups, griffures, poussées ou cris.
  • Adapter leur posture face à un enfant submergé par une émotion.
  • Intervenir de manière sécurisante, contenante et bientraitante.
  • Aider progressivement l’enfant à identifier et exprimer ses émotions.
  • Aménager l’environnement afin de prévenir certaines situations conflictuelles.
  • Accompagner les interactions entre jeunes enfants sans exiger des compétences qui ne sont pas encore acquises.
  • Adapter les transmissions aux familles lors d’un incident.
  • Éviter l’étiquetage de « l’enfant mordeur », « agressif » ou « difficile ».
  • Identifier leurs propres réactions émotionnelles face aux situations difficiles.
  • Développer des stratégies pour préserver leur disponibilité professionnelle.
  • Construire des pratiques cohérentes au sein de l’équipe.

Informations générales

Retrouvez toutes les informations utiles sur cette formation.

Mordre, taper, pousser, griffer, crier, arracher un jouet… Ces comportements sont fréquents chez les jeunes enfants et peuvent être particulièrement déstabilisants pour les professionnels comme pour les familles.

En collectivité, le tout-petit doit progressivement apprendre à attendre, partager l’espace et l’attention de l’adulte, entrer en relation avec les autres et composer avec la frustration. Or, entre 0 et 3 ans, ses capacités à contrôler ses impulsions, à mettre des mots sur ce qu’il ressent et à réguler seul ses émotions sont encore en construction.

Derrière un geste qualifié « d’agressif » se cachent ainsi souvent une émotion intense, une frustration, un besoin non satisfait, une difficulté à communiquer ou une réaction impulsive.

Les connaissances actuelles sur le développement du jeune enfant, les émotions et l’attachement permettent de porter un autre regard sur ces comportements : plutôt que de chercher uniquement à les faire cesser, il s’agit d’en comprendre le sens, d’identifier les facteurs déclencheurs et d’accompagner progressivement l’enfant vers d’autres modes d’expression.

Comment intervenir lorsqu’un enfant mord ou frappe ? Comment protéger l’enfant qui subit le geste sans étiqueter celui qui en est à l’origine ? Que dire aux parents ? Comment prévenir la répétition de ces situations ? Quelle place donner aux émotions ? Et comment rester disponible lorsque ces comportements se répètent et mettent également les adultes à l’épreuve ?

Cette formation propose aux professionnels des repères concrets et directement applicables en crèche pour observer, prévenir et accompagner ces situations, tout en garantissant la sécurité physique et affective de chacun.

Le contenu et le déroulement de la formation peuvent être adaptés aux besoins spécifiques de la structure. Un échange préalable entre le formateur ou la formatrice et le responsable d’établissement permet d’identifier les attentes de l’équipe et les situations rencontrées.

  • Qu’est-ce qu’une émotion ?
  • Identifier les principales émotions et leurs fonctions.
  • Comprendre leur rôle dans le développement de l’enfant.
  • Développement émotionnel de la naissance à 3 ans.
  • Besoins fondamentaux : sécurité, attachement, exploration, relation.
  • Comprendre pourquoi le tout-petit ne peut pas encore réguler seul certaines émotions.
  • Identifier le rôle de l’adulte dans la co-régulation émotionnelle.

Chez le jeune enfant, l’émotion peut rapidement devenir envahissante.

  • Comprendre les mécanismes du débordement émotionnel.
  • Identifier les situations favorisant frustration, colère ou détresse.
  • Comprendre la place de l’immaturité des capacités d’autorégulation.
  • Identifier l’influence de la fatigue, de la faim, du bruit ou de la surstimulation.
  • Comprendre l’effet de l’attente et des transitions.
  • Identifier l’impact d’un environnement collectif.
  • Observer les signes annonciateurs d’un débordement.

Ces comportements ne doivent être ni banalisés ni systématiquement interprétés comme une volonté de faire mal.

  • Comprendre les différentes fonctions possibles d’un comportement.
  • Impulsivité et contrôle inhibiteur en développement.
  • Frustration et difficulté à attendre.
  • Difficulté à communiquer.
  • Recherche de contact ou d’interaction.
  • Défense d’un espace ou d’un objet.
  • Exploration sensorielle.
  • Besoin d’attention.
  • Fatigue et surcharge émotionnelle.
  • Comprendre pourquoi un comportement peut se répéter.

Les mots utilisés par les adultes influencent le regard porté sur l’enfant.

  • Différencier l’enfant de son comportement.
  • Éviter les étiquettes : « mordeur », « violent », « méchant », « difficile ».
  • Décrire les faits plutôt que qualifier l’enfant.
  • Comprendre l’effet des représentations adultes.
  • Préserver une image positive de l’enfant.
  • Adopter un vocabulaire professionnel commun au sein de l’équipe.

L’observation constitue un outil essentiel de prévention.

  • Distinguer faits et interprétations.
  • Identifier ce qui se passe avant, pendant et après le comportement.
  • Repérer les moments de la journée concernés.
  • Identifier les personnes et situations impliquées.
  • Observer la fréquence et le contexte.
  • Repérer les éventuels facteurs déclencheurs.
  • Croiser les observations de l’équipe.
  • Utiliser une grille d’observation lorsque les situations se répètent.

L’intervention du professionnel poursuit plusieurs objectifs : protéger, contenir, sécuriser et accompagner.

  • Intervenir rapidement et calmement.
  • Mettre fin au geste.
  • Protéger l’enfant concerné.
  • Poser une limite claire.
  • Utiliser des mots simples.
  • Nommer l’émotion lorsque cela est pertinent.
  • Éviter les longues explications dans un moment de débordement.
  • Accompagner le retour au calme.
  • Revenir sur la situation lorsque l’enfant est disponible.
  • Proposer progressivement d’autres modes d’expression.
  • Comprendre la fonction de la limite.
  • Différencier autorité, autoritarisme et permissivité.
  • Formuler des règles simples et compréhensibles.
  • Maintenir une limite avec constance.
  • Éviter les menaces.
  • Questionner la place de la punition.
  • Éviter l’isolement comme réponse systématique.
  • Préserver la sécurité affective tout en empêchant le comportement.
  • Développer une posture à la fois ferme et sécurisante.

Lors d’une morsure ou d’un coup, l’attention des adultes peut rapidement se concentrer sur l’enfant à l’origine du comportement.

Il est également essentiel de :

  • sécuriser immédiatement l’enfant concerné ;
  • accueillir son émotion ;
  • apporter les soins nécessaires ;
  • mettre des mots sur ce qui s’est passé ;
  • lui montrer que l’adulte assure sa protection ;
  • éviter de lui demander systématiquement de pardonner ;
  • respecter son besoin éventuel de distance ;
  • restaurer progressivement un climat sécurisant.
  • Comprendre ce que représente le pardon pour un très jeune enfant.
  • Différencier répétition d’un mot et compréhension de sa signification.
  • Éviter le « pardon » automatique.
  • Favoriser progressivement l’empathie.
  • Accompagner l’enfant vers des gestes de réparation adaptés à ses capacités.
  • Donner l’exemple par la posture de l’adulte.
  • Comprendre le développement progressif des compétences sociales.
  • Prendre en compte les capacités d’attente.
  • Comprendre la notion de possession chez le jeune enfant.
  • Différencier partager, prêter et attendre son tour.
  • Éviter d’exiger prématurément certaines compétences.
  • Accompagner les interactions.
  • Proposer suffisamment de matériel.
  • Utiliser les jeux en plusieurs exemplaires lorsque cela est pertinent.

Certains comportements peuvent être favorisés par l’organisation de l’environnement.

  • Observer les zones de tension.
  • Identifier les espaces trop étroits.
  • Fluidifier les déplacements.
  • Limiter certaines situations d’attente.
  • Réfléchir au nombre de jeux disponibles.
  • Proposer des espaces permettant le retrait.
  • Adapter les propositions au nombre d’enfants.
  • Prévenir la surstimulation.
  • Repenser les moments de transition.
  • Mettre des mots simples sur ce qui est observé.
  • Nommer sans interpréter excessivement.
  • Utiliser livres, histoires et supports adaptés.
  • Utiliser les jeux symboliques.
  • Introduire progressivement un vocabulaire émotionnel.
  • Aider l’enfant à exprimer un refus.
  • Lui montrer comment demander de l’aide.
  • Valoriser les tentatives de communication.
  • Respecter le rythme de développement de chacun.

Selon l’âge, la situation et les besoins de l’enfant :

  • présence sécurisante de l’adulte ;
  • proximité relationnelle ;
  • diminution des stimulations ;
  • espace calme ;
  • jeux sensoriels ;
  • objets familiers ;
  • mouvements et activités motrices ;
  • histoires et comptines ;
  • respiration accompagnée pour les enfants en capacité de s’en saisir.

L’objectif n’est pas de disposer d’une « recette » universelle, mais de savoir observer ce qui aide réellement chaque enfant à retrouver un état d’apaisement.

Les émotions circulent au sein d’un groupe.

  • Comprendre la contagion émotionnelle entre enfants.
  • Identifier l’influence de l’état émotionnel de l’adulte.
  • Prendre conscience de son ton de voix, de ses gestes et de son rythme.
  • Comprendre comment le stress professionnel peut modifier les interactions.
  • Développer une présence contenante et rassurante.

Une morsure répétée, des cris ou des coups peuvent susciter chez le professionnel irritation, inquiétude, impuissance ou fatigue.

  • Identifier ses propres déclencheurs.
  • Reconnaître les signes de tension.
  • Prendre du recul avant de réagir.
  • Identifier les pensées automatiques.
  • Utiliser des techniques simples d’ancrage et de respiration.
  • Savoir passer le relais.
  • Utiliser le soutien de l’équipe.
  • Préserver sa disponibilité émotionnelle.
  • Éviter de banaliser.
  • Observer de manière plus structurée.
  • Identifier les circonstances récurrentes.
  • Adapter l’environnement.
  • Questionner les réponses professionnelles.
  • Vérifier la cohérence des pratiques entre adultes.
  • Échanger avec la famille.
  • Mettre en place des ajustements et les évaluer.
  • Identifier les situations pouvant nécessiter un avis complémentaire.

Ces transmissions peuvent être délicates, tant pour la famille de l’enfant qui a subi le geste que pour celle de l’enfant qui en est à l’origine.

 

Avec les parents de l’enfant qui a été mordu ou frappé

  • Décrire les faits avec précision.
  • Expliquer comment l’enfant a été accompagné.
  • Présenter les mesures mises en œuvre.
  • Accueillir l’inquiétude ou l’émotion du parent.
  • Rassurer sans banaliser.

 

Avec les parents de l’enfant à l’origine du geste

  • Décrire les faits sans étiqueter.
  • Éviter la culpabilisation.
  • Expliquer le contexte développemental.
  • Présenter les observations de l’équipe.
  • Échanger sur ce qui est éventuellement observé à la maison.
  • Présenter les ajustements envisagés.
  • Construire une relation de coopération.

Pour l’enfant, la cohérence des adultes constitue un repère sécurisant.

  • Partager une compréhension commune des comportements.
  • Harmoniser le vocabulaire utilisé.
  • Définir les attitudes à adopter.
  • Éviter les réponses contradictoires.
  • Partager les observations.
  • Identifier les situations nécessitant une réflexion collective.
  • Organiser les relais lorsqu’un professionnel est en difficulté.
  • Intégrer ces pratiques au projet pédagogique.

À partir de situations issues du quotidien des participants :

  • un enfant mord plusieurs fois par jour ;
  • deux enfants se disputent systématiquement le même jeu ;
  • un enfant frappe lorsqu’un adulte s’occupe d’un autre enfant ;
  • un parent demande que « l’enfant mordeur soit puni » ;
  • un enfant semble réagir fortement à chaque frustration ;
  • l’équipe ne partage pas la même manière d’intervenir.

 

Les participants seront amenés à observer, analyser, identifier les besoins, choisir une posture et construire une réponse professionnelle adaptée.

La formation privilégie une pédagogie active et directement ancrée dans le quotidien des professionnels.

Elle pourra notamment intégrer :

  • des apports théoriques et méthodologiques ;
  • des situations issues de la pratique professionnelle ;
  • des études de cas ;
  • des exercices d’observation ;
  • des jeux de rôle ;
  • des mises en situation ;
  • des vidéos ou supports d’analyse ;
  • des exercices autour des émotions ;
  • des travaux en petits groupes ;
  • des quiz ;
  • des échanges de pratiques ;
  • la construction collective de réponses adaptées à certaines situations rencontrées dans la structure.

En amont de la formation
Un échange entre le formateur et le responsable d’établissement permet d’identifier les attentes de l’équipe, les pratiques existantes et les principales situations rencontrées.

En début de formation
Un recueil des représentations et un auto-positionnement permettent d’évaluer les connaissances initiales et les besoins des participants.

Au cours de la formation
Les acquis sont évalués progressivement à travers des quiz, études de cas, exercices d’observation et mises en situation.

À l’issue de la formation
Une évaluation des acquis permet de mesurer l’atteinte des objectifs pédagogiques. Un questionnaire de satisfaction est proposé aux participants.

Après la formation
Un questionnaire de satisfaction peut être adressé au commanditaire afin d’évaluer la réponse apportée aux besoins de la structure.

Cette formation s’adresse à l’ensemble des professionnels accompagnant de jeunes enfants en structure d’accueil :

  • professionnels de crèche, micro-crèche et autres EAJE ;
  • auxiliaires de puériculture ;
  • éducateurs et éducatrices de jeunes enfants ;
  • accompagnants éducatifs Petite Enfance ;
  • assistants maternels ;
  • responsables, directeurs et référents techniques.
Aucun prérequis spécifique n’est nécessaire pour participer à cette formation.

Formation proposée en présentiel à distance ou mixte.

La formation peut faire l’objet d’adaptations en fonction des besoins des participants en situation de handicap.

Afin d’anticiper les éventuels aménagements nécessaires — accessibilité des locaux, organisation, rythme ou adaptations pédagogiques — nous vous invitons à nous contacter en amont de la formation :

contact@inpe.fr

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