Deux ans après les Assises de la santé de l’enfant, le comité de pilotage chargé du suivi de la feuille de route gouvernementale s’est réuni le 15 juin dernier. Coprésidée par la professeure Christèle Gras-Le-Guen et Adrien Taquet, ancien secrétaire d’État chargé de l’Enfance, cette instance rassemble professionnels de santé, représentants d’usagers et administrations centrales. L’occasion pour le Gouvernement de présenter un premier bilan des actions engagées et d’annoncer plusieurs nouvelles mesures en faveur de la santé des plus jeunes.
Une prévention renforcée dès la naissance
Parmi les résultats mis en avant figure la campagne de prévention contre le virus respiratoire syncytial (VRS), principal responsable de la bronchiolite. Selon le ministère, elle aurait permis d’éviter près de 5 800 hospitalisations de nourrissons au cours de la saison 2023-2024. La vaccination des femmes enceintes poursuit également sa progression, avec une augmentation de 44 % par rapport à la campagne précédente.
Le Gouvernement a par ailleurs annoncé la création d’une plateforme numérique consacrée à la santé périnatale et environnementale. Destiné aux professionnels, cet outil vise à mieux prévenir les expositions environnementales pouvant affecter la santé de l’enfant, de la période préconceptionnelle jusqu’à ses deux ans.
Un dépistage néonatal toujours plus étendu
Le programme national de dépistage à la naissance continue de s’élargir. Après plusieurs intégrations de nouvelles pathologies en 2025, deux maladies supplémentaires — la déficience en biotinidase et la galactosémie — seront ajoutées au dispositif à partir de 2027, portant à seize le nombre de maladies recherchées chez les nouveau-nés.
Parallèlement, les travaux de modernisation du dépistage de la surdité néonatale se poursuivent afin d’assurer une prise en charge plus homogène sur l’ensemble du territoire.
Face à la hausse continue de la mortalité infantile observée depuis 2020, le Gouvernement prépare également un plan d’action national. Attendu d’ici la fin de l’année, il devra renforcer la prévention, améliorer la qualité des soins et mieux accompagner les familles.
Des effectifs pédiatriques en progression
L’amélioration de l’accès aux soins pédiatriques constitue une autre priorité affichée. Le Gouvernement met en avant l’augmentation du nombre de professionnels formés et en exercice, ainsi que le soutien apporté aux services d’urgences pédiatriques et au développement de l’hospitalisation à domicile pour les enfants.
Entre 2017 et 2025, le nombre de postes ouverts à l’internat de pédiatrie a augmenté de 22 %, tandis que ceux de chirurgie pédiatrique ont progressé d’un tiers. Dans le même temps, le nombre de pédiatres exerçant en France a connu une hausse de 14 %.
La santé mentale au cœur des préoccupations
La santé mentale des enfants et des adolescents demeure un enjeu majeur. Le ministère rappelle que plus de 16 % des élèves de l’école élémentaire sont confrontés à des situations de harcèlement et qu’un lycéen sur cinq présente un risque élevé de dépression.
Pour répondre à ces difficultés, le Gouvernement entend renforcer les dispositifs de psychiatrie périnatale et de psychiatrie de l’enfant afin de favoriser un repérage plus précoce des troubles psychiques et un accompagnement adapté.
Mieux accompagner les enfants vulnérables
Les pouvoirs publics poursuivent également le déploiement du parcours coordonné renforcé « Enfance protégée » ainsi que des Unités d’accueil pédiatrique enfants en danger (UAPED). Ces structures ont pour objectif d’améliorer la prise en charge médicale, psychologique et judiciaire des enfants victimes de violences ou placés sous protection de l’enfance.
À l’issue de cette réunion, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, a réaffirmé les ambitions du Gouvernement : « La santé des enfants est l’un des investissements les plus précieux que notre pays puisse faire. Depuis les Assises, nous avons engagé des transformations concrètes en matière de prévention, d’accès aux soins, de santé mentale et de protection de l’enfance. »